La romancière Leslie Kaplan réinvente l'art de retrouver la Révolution

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Mathias et la Révolution (P.O.L), de Leslie Kaplan, atteste qu'il suffit d'un roman pour que le cœur batte la chamade politique, en dépit de tout. Et si c'était reparti comme en 1789 ? Entretien avec une écrivaine merveilleusement engagée…

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Ce roman retrempe. Aux deux sens du verbe : il replonge dans les prises de parole de 1789 et redonne énergie, voire espoir. L'argument de Mathias et la Révolution (qui vient de paraître aux éditions P.O.L.) tient à un fil rouge : le héros éponyme arpente Paris et revisite les débats de la Convention, à mesure qu'il croise des gens gorgés de mots prononcés lors des soubresauts ayant mis fin à l'Ancien Régime. Un tel verbe révolutionnaire tourne bride, pour éclairer ce qui se trame aujourd'hui, ce qui sombre et ce qui renaît, tandis que vient l'insurrection : « La question n'est pas pourquoi des émeutes, mais plutôt pourquoi pas d'émeutes », déclare Myriam, l'un des nombreux personnages féminins du livre.