«Phantom Thread»: le comble de l’excellence

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Reynolds Woodcock est un grand couturier anglais. Parfait, trop parfait. Comment parler de la perfection lorsqu’on l’a autant en adoration qu’en horreur ? Paul Thomas Anderson livre un essai de réponse avec Phantom Thread, huitième film secrètement torturé. Le dernier de Daniel Day-Lewis.

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Un mot hante le cinéma depuis longtemps, sinon depuis toujours. Le cinéma et plus encore ce qui se dit et s'écrit à son propos. Ce mot est une chose parmi les plus retorses : la maîtrise. Et cette chose est au cœur des films de Paul Thomas Anderson depuis vingt ans. La maîtrise est toujours ambiguë : en formuler le compliment équivaut à bien des reproches. C'est un cadeau empoisonné, un champignon vénéneux.