« Ein Gespenst geht um… ». Ces mots (« Un spectre hante… »), les premiers du Manifeste du Parti communiste, sont ceux par lesquels le directeur du festival de Berlin Dieter Kosslick a choisi d’ouvrir l’édito de cette 67e édition de la Berlinale. Qu’un ou des spectres hantent la ville de Berlin, nul ne s’en étonnera. Mais que le festival classé numéro trois au palmarès mondial – après Cannes et Venise –, non content d’être l’un des mieux organisés et des plus agréables, soit le seul de cette ampleur à s'afficher politique, il y a là déjà davantage matière à surprise. Doublement politique, même. À travers un certain nombre d’initiatives mises en place pour faciliter l’accès des réfugiés aux projections. Et à travers sa programmation, dont les différentes sections ont offert plus d’un écho à la phrase fameuse de Marx et Engels.