Spectres de Marx au festival de Berlin

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Berlin est le plus politique des grands festivals internationaux de cinéma. Trois films vus lors de la 67e édition – qui se clôt ce dimanche 19 – le montrent de trois façons différentes : Le Jeune Karl Marx de Raoul Peck, Drôles d’oiseaux d’Élise Girard et Strong Island de Yance Ford. 

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« Ein Gespenst geht um… ». Ces mots (« Un spectre hante… »), les premiers du Manifeste du Parti communiste, sont ceux par lesquels le directeur du festival de Berlin Dieter Kosslick a choisi d’ouvrir l’édito de cette 67e édition de la Berlinale. Qu’un ou des spectres hantent la ville de Berlin, nul ne s’en étonnera. Mais que le festival classé numéro trois au palmarès mondial – après Cannes et Venise –, non content d’être l’un des mieux organisés et des plus agréables, soit le seul de cette ampleur à s'afficher politique, il y a là déjà davantage matière à surprise. Doublement politique, même. À travers un certain nombre d’initiatives mises en place pour faciliter l’accès des réfugiés aux projections. Et à travers sa programmation, dont les différentes sections ont offert plus d’un écho à la phrase fameuse de Marx et Engels.