Edgar Morin: «Nous sommes entrés dans une période historiquement régressive»

Dans en entretien au Monde, le sociologue explique que Mai 68 était une révolte libertaire différente de celle qui se joue aujourd’hui, où les mouvements néo-autoritaires tiennent le haut du pavé.

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Dans un long entretien au journal Le Monde, Edgar Morin analyse longuement le mouvement de 1968, au regard de ce que la France et sa jeunesse sont devenues. « Nous sommes entrés dans une période historiquement régressive, avec le développement de ces mouvements que l’on appelle “populistes” et qui sont néoconservateurs et néoautoritaires », explique-t-il, avant d’ajouter : «  Et alors que, traditionnellement, la jeunesse, surtout étudiante, est plutôt de gauche, du moins jusqu’en 1995, on a vu apparaître avec La Manif pour tous une jeunesse traditionaliste, nationaliste et réactionnaire. Elle a toujours existé, mais elle existait silencieusement ou à la marge depuis la Seconde Guerre mondiale. On voit la déperdition progressive du peuple de gauche, la crise radicale de la pensée de gauche, mais on ne peut en imputer la cause à Mai 68. »