«Hammam Balkania», un grand roman sur les identités mouvantes

Par Cécile Dutheil (En attendant Nadeau)

Vladislav Bajac retrace la vie de Mehmed Pacha Sokollu, Serbe, né chrétien en 1505 en Bosnie-Herzégovine, et enlevé à l’âge de dix-huit ans pour devenir janissaire à la cour ottomane. Jonglant avec l’histoire et les idées, Hammam Balkania se lit comme une parodie des controverses qui ensanglantent l’histoire serbe depuis longtemps, quand chacun revendique une origine « originale ».

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Connaissez-vous Ivo Andrić ? Sûrement. Né en en 1892 en Bosnie-Herzégovine, il a vécu, enfant, à Visegrad dont il a immortalisé le pont sur la Drina dans un roman du même nom, construit par un des plus grands vizirs de l’Empire ottoman, Mehmed Pacha Sokollu. L’un des fils spirituels d’Ivo Andrić se nomme Vladislav Bajac, il est né quelque soixante ans plus tard, en 1954, et il a entrepris d’écrire une autre histoire de ce vizir serbe, en se plaçant sous le signe de son aîné, mais en prolongeant ce pont jusqu’à nous, sous des auspices inattendus, davantage, dirions-nous, déconstructivistes et conceptuels.