Kazuo Ishiguro, un Nobel de la nostalgie

Par Claude Grimal (En attendant Nadeau)

L’an dernier, l’Académie suédoise, jouant l’audace, a couronné l’auteur-compositeur-interprète Bob Dylan, qui fit bien des façons avant de venir tardivement recevoir son prix. Cette année, elle a distingué Kazuo Ishiguro, romancier britannique à la réputation de parfaite courtoisie.

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Pour décrire le type d’écrivain que serait Ishiguro, Sara Danius, secrétaire perpétuelle de l’Académie de Stockholm, a dit que « si l’on mélange Jane Austen et Franz Kafka, alors on a Kazuo Ishiguro – mais il faut ajouter une bonne pincée de Proust à ce mélange et bien remuer, mais pas trop, et là on obtient ses écrits » et ajouté que ses romans « d’une grande force émotionnelle […] découvrent les abîmes que notre illusion de vivre dans un rapport d’intelligence et de compréhension avec le monde nous cache ». Certes. Et nul doute que Kazuo Ishiguro est un bon romancier.