James Ellroy, « le grand Kahuna à Paris »

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À l'occasion de la sortie d'Extorsion, court roman qui condense pourtant toute son œuvre, rencontre avec James Ellroy qui s’autoproclame « grand Kahuna » (sorcier hawaïen) et se verrait bien en « Charles de Gaulle le jour de la Libération ».

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James Ellroy est sans doute l’un des écrivains les plus complexes à interviewer : non parce qu’il serait irritable ou difficile à croiser (c’est sa réputation) ou physiquement impressionnant (1,95 m), mais… parce qu’il ne répond pas aux questions. Il commence l’entretien à peine assis dans le canapé d’un luxueux hôtel parisien, déclarant, comme il le fera dans la quasi-totalité de ses interviews, qu’il n’est plus seulement « The Dog » mais « le chacal ». Le ton est donné : « Le Chien » sait se faire cabot, débordant d’énergie, de projets – il s’apprête à écrire un nouveau Quatuor de Los Angeles, prévoit ensuite une trilogie sur la guerre froide. On le rencontre alors qu’il s’apprête à quitter Paris pour Quais du Polar à Lyon. Et il assurera effectivement le spectacle pendant trois jours, signant les exemplaires d’Extorsion à tour de bras et multipliant les déclarations fracassantes, dont son envie d’obtenir le Nobel de littérature…