Les caisses de grève: une arme décisive… mais contestée

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Depuis le 5 décembre dernier et le début de la grève contre la réforme des retraites, les caisses de grève sont un des aspects les plus visibles et les plus débattus de la lutte en cours. Gabriel Rosenman (ancien cheminot et militant à SUD Rail, qui réalise actuellement une thèse de science politique sur l’histoire des caisses de grève) revient sur la diffusion récente de cet outil des luttes ouvrières, en la resituant dans une perspective historique pour en expliquer les fluctuations, les critiques et les diverses modalités.

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N’importe qui sait de quoi on parle quand on mentionne la « caisse de grève », contrairement au « comité de grève » ou au « piquet de grève » par exemple. Cet outil militant représente même une forme d’évidence, comme s’il était naturel de chercher à compenser les pertes financières dues à une grève. Ces caisses sont le plus souvent présentées comme un dispositif intervenant après la lutte : il s’agirait de collecter de l’argent pendant celle-ci et de le diviser entre les grévistes a posteriori, pour les aider à « réduire l’addition ».