Claudio Magris, l’écrivain amoureux des personnages troubles

Par Linda Lê (En attendant Nadeau)

« Raconter, c’est entrer en guerre contre l’oubli et être de connivence avec lui ; si la mort n’existait pas, peut-être que personne ne raconterait. » Ainsi Claudio Magris définit-il l’art du récit. Son dernier roman Classé sans suite en est l’illustration parfaite. L’écrivain parvient à retracer une odyssée où la mémoire cherche à triompher du néant.

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Dans ce grand classique qu’est désormais devenu son essai Utopie et désenchantement, Claudio Magris rappelle que c’est la littérature qui peut sauver les petites histoires, « éclairer le rapport entre la vérité et la vie, entre le mystère et la quotidienneté, entre l’individu singulier et la Babel de l’époque ». Et de définir les romanciers comme des chroniqueurs de l’éphémère, qui braquent une lumière d’éternité sur le fugace.