Le film «Vol spécial»: «J'ai une mission, c'est de gentiment organiser votre départ»

Par

Projeté au festival de Locarno, le documentaire de Fernand Melgar sur la détention des étrangers en instance d'expulsion a été taxé de «complaisant» à l'égard d'un «fascisme ordinaire». En montrant de l'intérieur l'un de ces lieux d'enfermement, le film a pourtant l'intérêt de décrire un système où l'apparente bienveillance est mise au service des retours forcés. Pire, où elle apparaît comme une condition de l'efficacité d'une politique monstrueuse.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

«Prisons: on veut entrer et voir», proclame une mythique affiche foucaldienne du GIP (Groupe d'information sur les prisons) au début des années 1970. Dans le film de Fernand Melgar, Vol spécial, à l'origine d'une polémique au festival de Locarno, il n'est pas question de prison, mais l'enjeu est le même, puisqu'il s'agit de filmer un centre de rétention, où sont enfermés des étrangers en instance d'expulsion.