Achille Mbembe: «La sécession s’ajoute à la prédation»

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Le philosophe Achille Mbembe décline, dans son dernier ouvrage, la notion de « brutalisme », venue de l’architecture, pour décrire une situation contemporaine où l’humanité est à la fois transformée dans son essence et menacée dans son existence.

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«La transformation de l’humanité en matière et énergie est le projet ultime du brutalisme », écrit le philosophe d’origine camerounaise Achille Mbembe dans son dernier livre, intitulé Brutalisme et publié aux éditions La Découverte. Son écriture se déploie « à partir des corps racisés » – pour lesquels le néolibéralisme constitue « un gigantesque dispositif de pompage et de carbonisation » – mais entend convoquer autant les épistémologies occidentales que non occidentales pour libérer des énergies et des idées susceptibles de faire face au sentiment de vertige contemporain. Sous l’effet de technologies inédites, de projets politiques séparatistes et de pressions économiques qui forcent les corps et déforment les cerveaux, l’humanité est en effet, à le lire, à la fois transformée dans son essence et menacée dans son existence.