Frédérique Clémençon, Emmanuelle Richard: de rupture et d'oubli

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Les femmes qui écrivent sont dangereuses. Elles peuvent vous décaper les histoires d’amour agonisantes ou achevées. Ce qui n’empêche ni la passion ni la sublimation.

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Bénies soient les digressions. Parfois, ce qui vous reste en tête est apparemment hors sujet, ne figurera jamais dans le pitch : quelque chose s’évade du texte. Ainsi, de L’Hiver dans la bouche, de Frédérique Clémençon, restent de fugaces moments d’enfance, une maison de maître où l’on vit en agriculteurs, dans une campagne ni belle ni laide, son cabanon en pleine lande où le père peut boire à son aise, des chaumes qui griffent les chevilles, l’abribus que le même père construit pour ses filles en attente de ramassage scolaire : rien que de l’ordinaire, du presque silencieux, une présence au monde, une désunion qui se dit peu. En apparent décalage avec le couple de quadragénaires dont il est question dans le roman, en plein désamour moderne et urbain.