Le mot «ensauvagement» s’avère le plus sûr toboggan vers l’extrême droite

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Gérald Darmanin croit pouvoir jouer avec le feu d’un mot. Mais c’est la langue qui se joue de lui, en révélant son indécence et sa vacuité de civilisé non avenu. D’où cet arrêt sur lexique, de Montaigne à Césaire, en passant par les « sauvageons » de Jean-Pierre Chevènement et Bernard Cazeneuve.

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La sauvagerie est une notion boomerang, qui vient régulièrement cogner l’esprit occidental. En suivant la voie du doute empathique, comme chez Montaigne dans son fameux chapitre Des cannibales : « Chacun appelle barbarie ce qui n'est pas dans ses coutumes. » Ou, au contraire, selon des certitudes scélérates qu’illustra le général Bugeaud « pacifiant » l’Algérie « par l’épée et par la charrue », sous les encouragements d’un Victor Hugo alors encore royaliste, au mois de janvier 1840 : « C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. »