Octobre 17. Maria Spiridonova, icône révolutionnaire et cible de Staline

Par Jean-Jacques Marie

Depuis 1905, elle est une figure de la lutte contre l’oppression tsariste. Socialiste-révolutionnaire de gauche, elle ne cessera durant des années de défier le pouvoir bolchevik, ce « ramassis de personnages louches dirigés par Lénine, Trotski et autres traîtres de la révolution ». Arrêtée et condamnée à plusieurs reprises, elle est fusillée sur ordre de Staline en septembre 1941.

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« Aucune autre femme en Russie ne suscitait l’adoration de la masse du peuple comme elle, écrit la journaliste américaine Louis Bryant, correspondante de presse en Russie en 1917. Les soldats et les marins s’adressaient à elle en lui disant “chère camarade”, au lieu du simple “tovarich” habituel. »[1] (Les notes de cet article sont à lire sous l’onglet Prolonger.) Cinquante ans plus tard, le journaliste russe Arkady Vaksberg dit la même chose. Au début de la révolution, écrit-il, « la femme la plus populaire de Russie était Maria Spiridonova […], dont la ténacité et le courage étaient légendaires. Elle avait connu les souffrances du bagne et, maintenant libérée par la révolution, elle remportait un immense succès dans les meetings. »[2]