Routes de Roms

Il y a en Ile-de-France six villages d'insertion pour les Roms. A rebours de la politique clamée aujourd'hui par le gouvernement, ils hébergent depuis 2006 des familles et peuvent proposer leur aide pour la recherche d'un emploi ou l'alphabétisation. Sans être des lieux idylliques et exempts de critiques.

Intégrer, aider, isoler, surveiller: l'ambivalence des villages de Roms

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Il y a en Ile-de-France six villages d'insertion pour les Roms. A rebours de la politique d'expulsion promue aujourd'hui par le gouvernement, ils hébergent depuis 2006 des familles et peuvent proposer leur aide pour la recherche d'un emploi ou l'alphabétisation. Mais, clôturés et gardés, ils les séparent aussi du reste de la ville. Enquête.

Luminata, huit ou neuf déménagements en huit ans

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Luminata Lakatos a 24 ans, dont huit passés en France. Au village d'insertion de Montreuil, elle a trouvé une stabilité pour sa famille. Elle envisage même de monter une association pour combattre le racisme dont sont victimes les Roms.

Georji: «Je rêvais de rencontrer Michael Jackson et d'être footballeur»

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Georji Stoynev a 36 ans. Après deux ans passés dans 12 mètres carrés avec sa femme et deux autres hommes, il a pu sortir enfin du village d'insertion de Bagnolet avec un travail, un logement et une carte de séjour de dix ans.

Stefan: «Vingt ans ont passé, rien ne s'est amélioré»

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Stefan Papouka a 47 ans. Après la chute de Ceausescu, il est parti sur les routes d'Europe pour aboutir en France en 1994. Aujourd'hui, il est las: «J'ai lutté surtout pour ma famille, pour donner une chance à mes cinq enfants. Je suis fatigué de réfléchir pour trouver des solutions, un vrai métier, un logement.»

«Le coût de la reconduite de cent Roms permettrait de mener une vraie politique d'intégration en France»

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Le sociologue Jean-Pierre Liégeois le soutient: «Ce n'est pas la poignée d'euros offerte, ou imposée, pour s'acheter une bonne conscience, qui va changer des dynamiques migratoires qui sont synonymes de survie.»