1920, la fin des Empires et le nouveau désordre des nations 

À l’été 1920, les traités de Trianon et de Sèvres achèvent de fixer le nouvel ordre international imposé par les vainqueurs de la Première Guerre mondiale. La flamme de la révolution bolchévique semble désormais contenue dans les frontières de la Russie, après avoir menacé d’embraser toute l’Europe. Pourtant, les frustrations nationales s’accumulent en Europe centrale et orientale, autour de frontières hâtivement tracées sur les décombres de l’ancien Empire d’Autriche-Hongrie. L’Empire ottoman, réduit à peau de chagrin, est le théâtre de soubresauts sanglants. Les traités de 1920, qui ont nourri les déchirements du XXe siècle, alimentent toujours de nombreuses frustrations.

Il y a cent ans, l’élan brisé des communistes européens

Par et Matthieu Boisdron
L'étoile rouge brandie en 1919 à Budapest. © Erky-Nagy Tibor/Collection Fortepan L'étoile rouge brandie en 1919 à Budapest. © Erky-Nagy Tibor/Collection Fortepan

Qui se souvient de la République des conseils de Bavière ou de l’aventure sanglante du Hongrois Béla Kun ? Après la Première Guerre mondiale, les traités internationaux de 1919-1920 ont établi un nouvel équilibre européen destiné à contrer la menace révolutionnaire. Premier épisode de notre série sur la fin des Empires et le nouveau désordre des nations.

Au cœur de la Roumanie, les Sicules sont toujours en quête d’autonomie

Par
Les symboles sicules sur la place des Héros, à Budapest. © CL Les symboles sicules sur la place des Héros, à Budapest. © CL

À l’issue de la Première Guerre mondiale, Bucarest obtenait en récompense de son ralliement à la Triple Entente le rattachement de la Transylvanie. Cent ans après, une enclave magyarophone au centre de l’actuelle Roumanie continue de revendiquer son autonomie : le Pays sicule.

Le blues grec de la «Grande Catastrophe»

Par Laurent Geslin et Simon Rico
capture-d-e-cran-2020-08-09-a-16-25-25

En 1923, plus d’un million de Grecs doivent quitter leurs terres anatoliennes, alors que 500 000 musulmans prennent le chemin inverse. Un exil que chante le «rébétiko», musique des déshérités qui fait le pont entre les rives de la mer Égée.

Dans les Balkans, le retour de la Turquie et les illusions du «néo-ottomanisme» 

Par
A Pristina en mars 2014. © Mamusa Municipality/Anadolu Agency/AFP A Pristina en mars 2014. © Mamusa Municipality/Anadolu Agency/AFP

Au terme des deux guerres balkaniques de 1912 et 1913, puis de la Première Guerre mondiale, l’Empire ottoman a perdu définitivement pied dans les Balkans. Un siècle plus tard, l’influence économique d’Ankara y est pourtant grandissante.