Le débat public sur le nucléaire suscite de vifs débats et des questions sans réponses

Faut-il lancer la construction de six réacteurs nucléaires de type EPR2 ? Près de 200 personnes se sont réunies mardi soir à l’appel de la Commission nationale du débat public pour en discuter. EDF s’y est défendu bec et ongles, les anti-nucléaires ont dit leurs critiques et leur inquiétude, jusqu’à ce qu’un accroc vienne bloquer la belle mécanique oratoire.

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Palaiseau (Essonne).– Le nucléaire joue à domicile au soir du mardi 22 novembre sur le plateau de Saclay. La troisième réunion du débat public sur la construction de six réacteurs EPR2, que le gouvernement voudrait lancer d’ici à 2026, se tient au pays de la technocratie de l’atome : entre l’École polytechnique, le laboratoire du Commissariat à l’énergie atomique et l’imposant centre de formation professionnelle d’EDF. Au milieu, des écoles d’ingénieur·es, dont l’ENSAE qui a prêté un amphi pour l’occasion. 
 
Un peu plus de 200 personnes s’y retrouvent, avec jusqu’à mille spectateurs en ligne, et l’amphi est plein, malgré le premier match de la France contre l’Australie lors de la Coupe du monde de foot au Qatar. Dans la salle, une bonne moitié d’étudiant·es et quasiment autant de personnes travaillant dans le domaine de l’énergie – ainsi identifiées par une rapide présentation à mains levées.
 
Thème de la soirée : expliquer ce qu’est l’EPR2, « Evolutionary Power Reactor », ce modèle de réacteur à eau pressurisée de troisième génération qu’EDF propose de construire par paire, en commençant par Penly (Seine-Maritime), avant Gravelines (Nord), et Bugey (Ain) ou Tricastin (Drôme). Sa technologie est une version adaptée de celui que l’industriel peine tant à construire à Flamanville (Manche), et qui pourrait être livré fin 2023 avec dix ans de retard et un coût d’environ 19 milliards d’euros, près de six fois au-dessus de son estimation initiale.

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