Pourquoi le Portugal brûle-t-il chaque été?

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Une légère baisse des températures a permis une accalmie sur le front des incendies de forêt au Portugal. Mais une politique forestière à courte vue, au service de l'industrie papetière, rend inévitable le retour de ce sinistre feuilleton estival.

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«Dans le lointain, on peut voir un massif de montagnes élevées proches de Portalegre. C'est la chaîne de S. Mamede qui court sur deux lieues à partir de la ville. Le chemin monte derrière la citadelle et serpente à travers des bois de châtaigniers qui s'étendent sur une demi-lieue (...). Ces arbres puissants, avec leur ample feuillage vert foncé, offrent dans leur ombre un passage extrêmement plaisant; il y a aussi des vignes ici et là. Cette végétation magnifique – surprenante dans ce paysage désertique s'étend jusqu'à Castelo de Vide, sur une distance de deux lieues, au long de la montagne qui s'élève du sud-est vers le nord-ouest»; «il y a des bois sauvages et des bois cultivés», les premiers denses et de haute futée, les seconds plantés au cordeau afin que le châtaigner s'épanouisse et donne plus de fruits.

De ce récit de 1799 du comte de Hoffmansegg, tiré de Voyage en Portugal (publié à Paris en 1805), on peut tirer une idée de ce que pouvait être, à l'âge classique, le riche couvert végétal des montagnes du Norte-Alentejo: châtaigniers et chênes, blancs, verts, lièges, fougères dans les sous-bois, genêts, cistes et bruyères dans les escarpements que domine le piton rocheux de Marvao «d'où on peut voir le dos des aigles».