La Belgique, d’un plan social à l’autre

Par

Après l’américain Caterpillar, la banque ING a annoncé lundi un plan social très lourd en Belgique, avec la suppression de 3 158 emplois. Les licenciements collectifs se multiplient. Pourtant, le royaume s’est souvent montré accommodant avec les entreprises étrangères et leurs impôts…

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyé spécial à Bruxelles.- Il reste encore un trimestre entier d’ici à la fin de l’année, mais 2016 s’annonce déjà comme une année sinistre sur le front de l’emploi belge. La banque néerlandaise ING a présenté lundi un plan social qui prévoit la suppression de 7 000 postes à travers le monde, dont 3 150 « équivalents temps plein » pour la seule Belgique, à horizon 2021.

« Il faut réparer le toit quand le soleil brille », s’est justifié le patron d’ING, Ralph Hamers. Le groupe bancaire, quatrième plus grosse banque de la zone euro par la capitalisation en 2014, connaît une solide croissance. Mais il se dit pénalisé par les taux d’intérêt bas (qui compressent certains de ses revenus), la mise en place de régulations bancaires plus contraignantes à l’échelle de l’UE et la concurrence des banques en ligne.

Le ministre de l’emploi belge Kris Peeters n’a pas caché son inquiétude lundi matin, redoutant d’autres restructurations à venir dans le secteur bancaire du pays. Quant au chef du gouvernement, le libéral Charles Michel, il s’est contenté d’exhorter ING à « assumer ses responsabilités pour faire baisser le nombre » de licenciements secs, à travers un « dialogue social le plus intense possible ». Au plus fort de la crise bancaire en 2008, ING avait profité du soutien de l’État néerlandais, via une injection de capital de dix milliards d’euros, rappelle le Financial Times.

Quelques semaines avant l’annonce d’ING, Caterpillar, fabricant de machines pour le BTP, plombait déjà l’ambiance à Bruxelles. Le groupe américain annonçait la fermeture, dès 2017, de son usine belge de Gosselies, près de Charleroi, au sud du pays (entre 2 100 et 2 200 emplois concernés, et autant de postes chez les sous-traitants). Peu après, c’était au tour de l’assureur français Axa de faire une croix sur 650 emplois dans le royaume. Depuis janvier, la Belgique (11 millions d’habitants) a enregistré le sacrifice de plus 12 000 postes, selon le décompte du quotidien économique L’Écho. L’ordre de grandeur est comparable à celui de l’année 2012, lorsque le constructeur automobile Ford avait annoncé la fermeture de son site à Genk, à la frontière avec les Pays-Bas (4 500 emplois à lui seul).