Joseph Stiglitz dénonce la «malfaçon» de l’euro

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Au moment où les banques italiennes relancent les inquiétudes sur l’euro, l'économiste américain publie une charge contre la monnaie unique, responsable du marasme européen. La thèse n’est pas nouvelle, mais il imagine des scénarios stimulants pour limiter la casse.

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Dans son nouvel essai, Joseph Stiglitz donne l’impression d’enfiler la combinaison d’un astronaute qui expliquerait avoir découvert la Lune en 2016. L’ancien économiste en chef de la Banque mondiale a mis le doigt sur ce qui, d’après lui, « menace l’avenir de l’Europe » : la monnaie unique. Dès la préface, les exécutifs des 28 en prennent pour leur grade : « L’histoire de la zone euro est une leçon de morale : elle montre que des dirigeants ayant perdu tout contact avec leur électorat peuvent concevoir des systèmes qui ne sont pas bons pour les citoyens. Elle montre que les intérêts financiers l’ont trop souvent emporté dans les progrès de l’intégration économique, et que l’emballement démentiel de l’idéologie et des intérêts peut aboutir à des structures économiques peut-être lucratives pour quelques-uns, mais dangereuses pour de larges pans de population. »