L’économie verte, histoire d’une idée aspirée par le néolibéralisme

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C’est l’une des plus grosses boulettes politiques de ces dernières années : popularisée par l’OCDE, les Nations unies, la Banque mondiale et l’Union européenne, l'économie verte voulait désigner un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement. Sauf qu’à coups de rapports néolibéraux, les institutions internationales en ont fait un synonyme d’exploitation de la nature au profit du privé. Si bien qu'à l'approche du sommet de Rio+20, on compte parmi ses détracteurs ceux qui auraient dû en être les premiers promoteurs.

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L’économie verte, c’est l’une des plus grosses boulettes politiques de ces dernières années. Popularisé par l’OCDE, les Nations unies, la Banque mondiale et l’Union européenne, ce concept voulait désigner un nouveau modèle économique respectueux de l’environnement. Alors que le développement durable perdait de son sens à force de discours jamais mis en œuvre ou d’invocations mensongères, parler de croissance et d’économie verte devait rassurer les acteurs économiques en consolidant l’objectif de créer des richesses, et consacrer l’écologie comme moteur universel de développement. Un compromis vertueux entre capitalisme et nature. En théorie.

Sauf qu’à coups de rapports plus néolibéraux les uns que les autres, les institutions internationales en ont fait un synonyme d’exploitation de la nature au profit des intérêts privés, et occidentaux en particulier. Eloge des mécanismes de marché, promotion de l’innovation technologique, valorisation du rôle des entreprises, mécanismes de compensation : tout l’arsenal de l’orthodoxie économique et de la réduction du rôle de l’Etat à la portion congrue a été mobilisé. Si bien que parmi les premiers détracteurs de l’économie verte, on trouve aujourd’hui les défenseurs des biens communs, des militants écologistes et des dirigeants de pays en développement. Ceux-là mêmes qui auraient dû en être les premiers promoteurs.