«Des petits ouvriers contre un géant de l’industrie» devant le tribunal d'Angoulême

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Ce mardi 10 novembre, la justice examine un dossier rare en matière de risques professionnels. Celui porté par plus de soixante-dix ouvriers de l'usine Saft-Nersac, en Charente, qui poursuivent leur employeur, leader mondial des batteries, et cinq de leurs dirigeants, pour « mise en danger de la vie d’autrui ». Pendant des années, ils ont été exposés au cadmium, qui a déjà tué l'un d'entre eux.

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Marie-Thérèse ne parvient pas « à remonter la pente ». « Peut-être que je n’y arriverai qu’une fois sous terre », dit-elle, la voix noyée par les larmes. Elle refuse « les médicaments et le psy pour aller mieux », « ne pense qu’à lui » : Bernard Leveque, son mari, emporté par un cancer broncho-pulmonaire, reconnu maladie professionnelle par la Sécurité sociale il y a deux ans. Il l’a attrapé dans « l’usine de [leur] vie », là où leur amour est né : Saft Nersac, en Charente, à quelques kilomètres d’Angoulême, où l’on fabrique des batteries haute technologie pour l’industrie et la Défense (devenue Arts Energy en juillet 2013 après avoir été cédée pour l’euro symbolique au fonds d’investissement Active'Invest).