A Annecy, le retour d'une justice de classe

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L'inspectrice du travail qui a dénoncé les pressions qu'elle a subies entravant ses fonctions auprès de Tefal, est convoquée ce vendredi devant le tribunal. Les agissements de Tefal, bafouant le droit du travail, restent en revanche impunis.

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« Patron rapace, justice de classe », scande Gisèle (*). Elle a 52 ans, le dos voûté et des TMS (troubles musculo-squelettiques) qui la réveillent la nuit. Le prix du travail, de l’usine. Sa vie, son Smic. Depuis ses 20 ans. Elle travaille pour l’un des plus gros employeurs privés d’Annecy (Haute-Savoie) : Tefal, 1 800 employés, champion français du petit électroménager, filiale du groupe Seb, 4,25 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2014. Le 5 juin dernier, sur le parvis du tribunal d’Annecy, Gisèle vivait sa première grande grève et sa première manifestation. Jamais elle n’avait suivi un syndicat dans la rue. Pas sa culture : « Ça rapporte que des problèmes. » Jusqu’à « l’affaire Tefal » (révélée par l’Humanité et longuement chroniquée par Mediapart – ici ou encore  et  et aussi ), emblématique des liaisons dangereuses entre les Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) et les gros pourvoyeurs d’emplois.