mot de passe oublié
onze euros les trois mois

Restez informé tout l'été avec Mediapart

Plus que quelques jours pour profiter notre offre d'été : 11€ pour 3 mois (soit 2 mois gratuits) + 30 jours de musique offerts ♫

Je m'abonne
Mediapart sam. 27 août 2016 27/8/2016 Édition du matin

EDF: l'Etat irresponsable

16 février 2016 | Par martine orange

Déstabilisée par une ouverture irraisonnée à la concurrence, par la transition énergétique et des ruptures historiques sur les marchés de l’énergie, EDF doit en plus faire face à nombre d’engagements et d’investissements. Beaucoup redoutent qu’EDF ne se fracasse sur un mur de dettes. Premier volet de notre série : l’État irresponsable.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Et si EDF faisait faillite ? La question semble énorme. Comment un des premiers électriciens mondiaux, gérant 58 réacteurs nucléaires en France, pourrait-il se trouver dans une situation aussi dramatique ? Pourtant, au moment où le groupe va fêter ses 70 ans, les inquiétudes sur l’avenir d’EDF sont de plus en plus fortes. De haut en bas du groupe public, les alertes viennent de partout. De plus en plus de cadres dirigeants, de salariés, de syndicats parlent, font connaître leurs alarmes sur la situation périlleuse du groupe, selon eux. « Areva aussi semblait insubmersible. On sait ce qu’il est advenu. EDF est beaucoup plus gros. Mais nous sommes en train de prendre le même chemin », redoute Jean-Luc Magnaval, responsable CGT du comité central d’entreprise d’EDF. Sans être catastrophiques, les résultats d’EDF, publiés ce 16 février, traduisent les tensions et les écueils que rencontre le groupe. Celui-ci affiche un bénéfice net d'1,18 milliard d’euros, en baisse de 68 % par rapport à l’année dernière. Tous les problèmes se sont cumulés en même temps, pour EDF comme pour tous les électriciens européens. En vrac : un effondrement historique du prix du gaz et du pétrole,  entraînant tous les prix en chute libre ; la montée en puissance des énergies renouvelables ; une transition énergétique qui conduit à des économies d’énergie doublée d’une désindustrialisation qui se traduit par une baisse de la consommation ; sans compter un hiver des plus doux. Résultat ? L’Europe de l’énergie, fondée sur la seule concurrence, est en train de boire le bouillon. Les surcapacités de production sont devenues structurelles. Plus aucun producteur ne peut envisager d’investissement ou rentabiliser son exploitation, alors que les prix de marché se sont effondrés.