Micmacs autour du port de Douala

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Depuis quinze ans, le groupe Bolloré est devenu un acteur majeur du trafic portuaire africain. Mais cela ne s’est pas fait sans problèmes : des concurrents ont porté plainte, accusant la multinationale française de corruption. Mediapart a reconstitué l’histoire de l'attribution du port de Douala au Cameroun.

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Au cours des quinze dernières années, le groupe Bolloré est devenu un acteur majeur du trafic portuaire africain : il a obtenu la gestion de plusieurs ports au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire, au Gabon, en Guinée, au Togo, etc. Mais cela ne s’est pas fait sans problèmes : des concurrents ont porté plainte, accusant la multinationale française de corruption. Plusieurs instructions sont en cours en France. Lors d’une perquisition menée au siège du groupe, le 8 avril 2016, les policiers ont ainsi demandé à voir des documents sur les concessions portuaires en Afrique, le soupçonnant de « corruption d’argent public à l’étranger » pour obtenir la gestion des ports de Conakry et de Lomé. Le juge d’instruction Serge Tournaire a aussi émis fin 2014, contre l’avis du parquet, une « ordonnance aux fins d’informer » au sujet des ports de Libreville (Gabon), de Misrata (Libye) et de Douala (Cameroun). Mediapart a pu reconstituer l’histoire de ce dernier cas et a choisi de la restituer : les anomalies qu’elle recèle permettent d’avoir une idée de l’influence du politique dans l’attribution de ces marchés portuaires très lucratifs.