Travailleurs détachés: à peine lancée, la réforme est déjà mal partie

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Onze États membres de l'UE, presque tous de l'Est, viennent de dire tout le mal qu’ils pensent du projet de réforme du détachement des travailleurs. La commission pourrait revoir sa copie, dans ce dossier décisif pour en finir avec le dumping social en Europe. Paris et ses alliés vont-ils oser aller à la confrontation ?

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De notre envoyé spécial à Bruxelles.– La réunion a été convoquée à la dernière minute. La ministre du travail française, Myriam El Khomri, se déplace ce jeudi 19 mai à Vienne pour une discussion informelle avec une dizaine de ses homologues, afin d’aborder l’un de ces casse-tête sur lesquels se joue l’avenir de l’Union : l’encadrement des travailleurs détachés. Ce sera sans doute l’occasion, pour les ministres présents, de mesurer l’ampleur des désaccords au sein des 28 et de tenter d’élaborer une sortie de crise, après le « carton jaune » dégainé début mai par onze États membres de l’Union.

« On savait que cela n’allait pas être une balade de santé », a réagi, le 13 mai, la commissaire européenne aux affaires sociales, la Belge Marianne Thyssen. « Pour certains États, nos propositions ne vont pas assez loin. Pour d’autres, elles vont trop loin », a-t-elle résumé avec une certaine dose de diplomatie. Cette figure des chrétiens démocrates, qui sera présente à Vienne jeudi, a dévoilé en mars une proposition de révision de l’encadrement des travailleurs détachés.