Affaire DSK: en attendant les résultats de l'enquête

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Les résultats de l'enquête sur la relation intime entre le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et une ancienne employée mariée de l'institution, devraient être connus fin octobre. La France officielle jure déjà de l'innocence de DSK et certains de ses proches crient au complot. Questions et réponses.

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Unanime et œcuménique, la classe politique française est montée au créneau pour prendre la défense de Dominique Strauss-Kahn, sous le coup d'une enquête visant un éventuel abus de pouvoir lié à des relations sexuelles passagères avec Piroska Nagy, ancienne employée du Fonds monétaire international, institution multilatérale dont il est le directeur général depuis novembre 2007. L'establishement financier français, du président de la BCE Jean-Claude Trichet à celui de la banque BNPParibas Michel Pébereau, s'est également déclaré convaincu de l'innocence de l'ancien candidat à l'investiture socialiste à l'élection présidentielle de 2007.
Les plus prudents regrettent un déballage concernant la vie privée de l'intéressé à un moment où le FMI, crise financière globale oblige, est en passe de revenir sur le devant de la scène après une longue éclipse. Les plus aventureux, tel Jean-Christophe Cambadélis, première «gachette» du strauss-kahnisme «canal historique», n'hésitent pas à crier au complot. «Il y a anguille sous roche», estime le député socialiste de Paris.
Dans l'attente de la publication, annoncée pour octobre, des résultats de l'enquête confiée à un cabinet d'avocats américain extérieur au FMI, on peut tenter de répondre à certaines des questions posées par cette affaire et les conditions dans lesquelles elle a été rendue publique.
Le rôle joué par A. Shakour Shaalan, directeur exécutif (administrateur) pour l'Egypte au conseil d'administration du Fonds.

M. Shalaan, que le grand quotidien égyptien Al Ahram classe parmi les «grands réalisateurs» venus de ce pays, est le doyen du conseil d'administration du FMI. Ancien cadre du Fonds, il occupe depuis 1992 la «chaise» qui représente 13 pays arabes et les Maldives, après avoir dirigé pendant quinze ans le département du Moyen-Orient au FMI. Les statuts du Fonds indiquent que lorsque le conseil délibère de matières concernant le directeur général, il n'est pas présidé par ce dernier mais par le plus ancien des administrateurs. Saisi par le directeur exécutif pour la Russie Aleksei Mozhin, M. Shalaan a commandité l'enquête indépendante, comme les règles de gouvernance du FMI l'imposent en pareilles circonstances. DSK a d'ailleurs indiqué dans un communiqué que cette procédure avait son soutien et qu'il collaborait pleinement à l'enquête.

Moscou et Washington main dans la main