Zoom sur la France inquiète

100 000, 200 000, 500 000 manifestants? Par le plus grand mouvement d'ensemble de la fonction publique depuis 2003, les syndicats espèrent démontrer, jeudi, une forte opposition à la réforme des retraites. Tous seront là, les salariés de la fonction publique, de la fonction territoriale, des hôpitaux, de l'éducation nationale. Dans les transports, les appels à la grève sont massifs. Une France bloquée ? Pas forcément. Mais inquiète, assurément. Car il n'y a pas que les retraites qui fâchent.
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100 000, 200 000, 500 000 manifestants? Par ce grand mouvement d'ensemble de la fonction publique depuis 2003, les syndicats espèrent une démonstration de force. Tous seront là, les salariés de la fonction publique, de la fonction territoriale, des hôpitaux, de l'éducation nationale. Dans les transports, les appels à la grève sont massifs à la SNCF, à la RATP, chez Air France, et dans les transports en commun de 53 autres villes de France. Une France bloquée ? Par forcément à en croire les premières estimations de trafic de la SNCF qui prévoit un train sur deux, ou de la RATP qui annonce un trafic assez peu perturbé. Mais une France inquiète sûrement.

 

 

L'addition des mesures touchant la fonction publique a, en quelques mois, avivé toutes les angoisses. Entre la révision générale des politiques publiques (RGPP) prévoyant le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, l'introduction de la mobilité, le recours avoué aux intérimaires et maintenant l'allongement de la durée des cotisations pour la porter à 41 ans, les 5 millions de fonctionnaires ont le sentiment d'être ballottés au gré des annonces politiques et de perdre tous leurs repères.

 

 

Cette inquiétude sourde, ce malaise s'étend désormais bien au-delà de la sphère publique. La vie chère, la défense du pouvoir d'achat, ne sont plus seulement des thèmes électoraux. La reprise de l'inflation et notamment la montée spectaculaire du prix du pétrole – au-dessus des 130 dollars le baril ce mercredi – ont fini par avoir des traductions concrètes dans de nombreux secteurs, dans toutes les familles. Depuis une semaine, les pêcheursbloquent les ports et demandent des aides pour survivre. Les transporteurs routiers sont prêts à leur emboîter le pas. Dans le même temps, les mouvements de grèves dans le secteur tertiaire, jusqu'alors très en retrait, se multiplient. Les cadres y demandent des augmentations générales. Ce n'est pas une montée générale du mécontentement mais plutôt une peur montante dans le public comme dans le privé. Portrait d'une France où ça coince, où ça grince.

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