Macron pris au piège de sa propre stratégie

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Pour faire passer en force une cascade de réformes sensibles, le chef de l’État fait preuve d’un autoritarisme qui menace de se retourner contre lui : puisqu’il refuse toutes les formes de concertation qui ont cours dans les démocraties apaisées, il se ferme toute marge de manœuvre, même si le climat social se durcit.

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Au lendemain d’une journée de manifestations qui a donné lieu à une forte mobilisation des fonctionnaires et des cheminots mais aussi de lycéens et d’étudiants, et surtout à la veille de la grève longue et perlée que les mêmes syndicats de la SNCF ont organisée à partir du 3 avril, le climat social semble en passe de changer. Alors qu’Emmanuel Macron semblait jusqu’à présent réussir tout ce qu’il entreprenait, sans que les réformes de gouvernement ne rencontrent depuis l’été dernier de résistances vraiment insurmontables, le voici confronté, pour la première fois depuis le début du quinquennat, à une grogne sociale qui semble plus forte, plus consistante que par le passé.