Les nouveaux habits du protectionnisme

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C'est l'une des rengaines de l'été 2009, fredonnée depuis la Banque mondiale jusqu'au G-20, passant par les grands titres de la presse anglo-saxonne: le protectionnisme n'est pas une solution face à la crise. Pascal Lamy, à la tête de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), a d'ailleurs profité, jeudi 23 juillet, de la publication du dernier rapport de l'institution pour plaider, une fois encore, pour des «marchés ouverts». Pourtant, dans le même temps, la plupart des grandes économies, Etats-Unis et Union européenne en tête, font tout le contraire, et multiplient les entorses à la libre concurrence, pour soutenir leur marché intérieur. Un an après l'échec des négociations de l'OMC à Genève, retour sur les contours d'un débat moins figé qu'il n'y paraît. 

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Dites, le retour du protectionnisme, c'est grave ? On croyait naïvement, en cette fin des années 2000, en avoir fini avec cette douloureuse question de cours. C'était sans compter sur la crise, encore elle, qui donne un étonnant coup de jeune à ces débats d'un autre âge. On annonce même, ici et , l'avènement d'un «nouveau protectionnisme», façon discrète d'indiquer que les lignes de la discussion se sont déplacées. Que les pourfendeurs d'hier, en ces temps de marasme économique, ne sont pas forcément les plus critiques aujourd'hui. Que la crise, comme elle le fait déjà dans d'autres secteurs, pourrait aussi redistribuer les cartes du commerce international. Reprenons.