Le volet occulté du plan de sauvetage d’Air France

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Le patron de la compagnie a annoncé qu’il réduisait son salaire fixe de 25 % et qu’il renonçait à son salaire variable. Mais il a omis de préciser qu’il va garder, en accord avec Bercy, son colossal bonus de 2 millions d’euros par an. Un plan social est en outre en préparation.

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Le diable, c’est bien connu, se niche dans les détails. Quand le patron d’Air France-KLM, le Canado-Britanno-Australien Benjamin Smith, a annoncé qu’il allait baisser de 25 % son salaire fixe pour 2020 et renoncer à la totalité de son salaire variable pour la même année, en signe de solidarité, après que l’État eut dévoilé un plan de soutien historique de 7 milliards d’euros au profit de la compagnie, sa décision a pu sembler logique. Puisque le ministre des finances, Bruno Le Maire, court micros et caméras pour dire que les groupes aidés par l’État ne peuvent pas continuer de vivre sur un grand train et accorder des habituelles faveurs exorbitantes à leurs actionnaires ou leurs cadres dirigeants, on a pu penser que le directeur général d’une entreprise contrôlée à 14,3 % par l’État n’avait sans doute guère le choix et que la puissance publique lui avait sans doute forcé un peu la main.