Hôpitaux de Paris : un accord pour travailler plus, et plus dur

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Pour la forme, le directeur général Martin Hirsch vient d’obtenir l’accord minoritaire de la CFDT sur une réforme de l’organisation du travail des 70 000 agents de l’AP-HP. Tous les autres syndicats appellent à la grève le 17 novembre. Décryptage d’une réforme qui use de toutes les recettes managériales à l’œuvre à l’hôpital public.

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Le directeur général de l’Assistance publique-hôpitaux de Paris, Martin Hirsch, vient peut-être de clore un conflit social ouvert au printemps dernier sur le temps de travail. Pendant sept mois, confronté à un front syndical d’abord uni et à des agents manifestant en masse dans les rues de Paris, il a usé de tous les artifices de la communication. Elle fut désastreuse au départ : Martin Hirsch a commencé la négociation par une interview aux Échos où il s’est livré à un chantage à l’emploi : pour sauver 4 000 postes, les agents hospitaliers devaient renoncer à des jours de RTT (récupération du temps de travail) et faire ainsi économiser 20 à 25 millions d’euros par an à l’institution. À l’issue du conflit social, Martin Hirsch a retenu la leçon. Avant de parler à la presse, il s’est d’abord adressé aux agents, dans une lettre transmise à chacun d’entre eux, pour leur annoncer la mise en œuvre, au plus tard au 1er septembre 2016, d’une « réforme importante et équilibrée », issue d’un « accord avec la CFDT AP-HP » trouvé, mardi 27 octobre 2015, « après cinq semaines intenses de négociation ».