Climat : le lobby nucléaire prend position au plus haut niveau

L’ONU prépare un forum des entreprises pour le climat à Paris, en lien avec le sommet des chefs d’État, la Cop 21, en décembre. Parmi ses organisateurs, se trouve une salariée d’Areva, qui pense essentiel de donner une place au nucléaire. Brice Lalonde, patron du sommet, « trouve plutôt sympa de la part d’Areva de nous filer quelqu’un ».

La lecture des articles est réservée aux abonné·es. Se connecter

2015, année climat. En décembre à Paris, un sommet des chefs d’État, la Cop (« conférence des parties ») 21, doit déboucher sur un nouvel accord international contre le dérèglement climatique. Ce n’est pas la seule échéance. En mai, l’Unesco accueillera le Business and Climate Summit : des PDG internationaux y sont invités à présenter leurs « solutions » pour réduire les émissions de CO2 ainsi que leurs « recommandations » sur les meilleures politiques publiques à mettre en place. Plus d’un millier de participants sont espérés. C’est une idée de Brice Lalonde, ancien ministre écologiste des gouvernements Cresson et Rocard, ex-ambassadeur du climat auprès de Jean-Louis Borloo sous la présidence Sarkozy et désormais conseiller spécial du Global compact, une initiative de l’ONU lancée en 2000 pour développer la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. En France, le Global compact est présidé par Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric. Lalonde, détaché par New York, conseille l’émanation hexagonale de la plate-forme onusienne dans la perspective de la Cop 21.
« L’idée est que les entreprises disent aux gouvernements de quoi elles ont besoin pour avancer, explique Brice Lalonde. Elles sont prêtes à passer des accords dans l’aérien, le ciment, l’éclairage…, mais elles ont besoin d’un cadre à long terme. Elles savent que le changement climatique est là et qu’elles ne peuvent y échapper. » Des industriels en demande de régulations publiques et de contraintes environnementales ? On se croirait dans un rêve bio. Dans la note de présentation du Paris Business and Climate Summit, dévoilée lors du dernier forum de Davos, le langage est plus brutal : « Réduire les émissions de carbone peut garantir la croissance économique, assurer le développement humain et protéger le capital naturel. » Du pur plaidoyer pro-business, certes habillé de vert.

1€ pour 15 jours

Résiliable en ligne à tout moment

Je m’abonne

L’info part de là


Soutenez un journal 100% indépendant : sans subventions, sans publicités, sans actionnaires

Tirez votre information d’une source de confiance

Accédez en exclusivité aux révélations d’un journal d’investigation

Déjà abonné ?

Mot de passe oublié

Aujourd’hui sur Mediapart

Voir la Une du Journal

À ne pas manquer

IVG, la régression venue des États-Unis — Reportage
Le Kansas vote en faveur de la protection de l’avortement
Mardi 2 août, une majorité d’électeurs de l’État américain du Midwest a rejeté un amendement à la Constitution locale qui aurait permis la restriction, voire l’interdiction, du droit à l’avortement. Il s’agissait du premier test électoral depuis la révocation de l’arrêt « Roe v. Wade » en juin.
par Alexis Buisson
Asie — Analyse
En Chine, la crise immobilière prend de l’ampleur
À la suite d’une révolte des emprunteurs, le pouvoir a dû réagir pour stabiliser la situation, mais le vrai problème reste son incapacité à construire un nouveau modèle économique.
par Romaric Godin
Proche-Orient — Reportage
En Cisjordanie occupée, une opération massive de « colonisation sauvage »
Le 20 juillet, des milliers de colons israéliens se sont donné rendez-vous aux quatre coins de la Cisjordanie pour y créer dix nouveaux avant-postes en une soirée, espérant influencer la politique du gouvernement. Au grand dam des Palestiniens, qui voient de plus en plus de terres confisquées, et la violence des colons s’intensifier.
par Alice Froussard
Climat — Entretien
Vagues de chaleur marine : « L’océan traité comme une poubelle géante pour le CO2 »
Les vagues de chaleur océanique s’intensifient, comme l’alerte la climatologue du Giec Valérie Masson-Delmotte. Elles causent le blanchissement et la dégradation des récifs coralliens, la mortalité de masse d’oiseaux marins, mais aussi des risques pour la santé humaine à cause de la prolifération d’algues toxiques.
par Sophie Boutboul