Tahiti: avec Titaua Peu, l’envers de la carte postale

Il y a des romans qui claquent comme des coups de fusil. Celui de Titaua Peu marque une révolution dans la littérature du Pacifique. Avec Pina, c’est l’autre visage de Tahiti qui apparaît, celui d’une société ravagée par le déracinement culturel, rongée par la misère, le colonialisme.

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Pina, c’est l’autre visage de Tahiti qui apparaît. Celui d’une société ravagée par le déracinement culturel, rongée par la misère, le colonialisme et ses fléaux, la violence domestique, la frustration sexuelle, l’alcoolisme. Son auteure, Titaua Peu, est née en Calédonie, de parents polynésiens revenus vivre au pays quand elle avait trois ans. « Ils venaient des îles bien sûr, mais j’ai grandi dans l’agglomération de Papeete, où se concentrent la majorité des Polynésiens », explique-t-elle. Après son bac, elle part à Paris pour étudier la philosophie, puis choisit de revenir à Tahiti. Elle travaille brièvement comme journaliste et publie en 2003 Mutismes, son premier roman. Elle rejoint l’équipe du dirigeant indépendantiste Oscar Temaru, quelques mois avant sa victoire aux élections territoriales de mai 2004.