Après les attentats: la terreur de penser

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Avec la démission de Christiane Taubira, François Hollande se coupe de toute voix discordante au sein du gouvernement mais aussi de tous ceux qui, dans la société, jouent le rôle d’analyseurs. Ce désarmement intellectuel est souligné par les attaques de Manuel Valls contre « ceux qui cherchent des explications culturelles ou sociologiques au terrorisme ». Cet anti-intellectualisme tapageur ne nous protège en rien du terrorisme.

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La démission de Christiane Taubira survient dans un moment politique où ce gouvernement n’a plus rien à perdre de ses habits de gauche, plus rien à renier de ses engagements. Pour beaucoup de gens, Taubira incarnait une certaine ouverture au monde. Le goût du débat d’idées. Une idée forte de l’État de droit. La mémoire vive de l’esclavage. De la tribune de l’Assemblée nationale, elle avait prononcé, sans une note comme à son habitude, un long plaidoyer pour le mariage pour tous, qu’elle inscrivait « dans un mouvement général de laïcisation de la société ». Un moment historique, selon la presse du lendemain, qui comparera son discours à ceux de Simone Veil sur le droit à l’avortement et de Robert Badinter sur l’abolition de la peine de mort.