Quand le Conseil d’Etat se compromet avec un lobby

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Bien que la loi prohibe « toute situation d’interférence entre un intérêt public et des intérêts privés de nature à influencer ou à paraître influencer » ses décisions, la juridiction administrative a constitué un « groupe de contact » avec un lobby financier. Son vice-président annonce à Mediapart qu’il suspend ces échanges et saisit son collège de déontologie.

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Au panthéon des militants anticorruption, il faudra un jour ériger une statue en l’honneur de Raymond Avrillier, maire adjoint honoraire de Grenoble (Isère). On ne compte plus les affaires qui, sans lui, n’auraient jamais été mises sur la place publique, permettant ensuite à la justice de faire son office. C’est à lui que l’on doit notamment la chute de l’ancien ministre Alain Carignon (condamné), ou encore le déclenchement de l’affaire des sondages de l’Élysée sous Sarkozy (pas encore jugée, mais renvoyée devant le tribunal). C’est lui encore qui a ferraillé pour obtenir l’accord secret de 2015 conclu entre les sociétés concessionnaires d’autoroutes et l’État. Et c’est lui encore, tout récemment, qui a déposé plainte « pour prise illégale d’intérêts » visant l’actuel garde des Sceaux, à la suite de ses agissements contre le parquet national financier.