La Cinémathèque pose une chape de plomb sur la question des violences sexuelles

Fin janvier, lors d’un débat avec un réalisateur lituanien, une spectatrice a été privée de parole après l’avoir interrogé sur des accusations d’agressions sexuelles. L’institution refuse toute confusion entre un créateur et son œuvre et se fait le porte-drapeau de ceux pour qui la libération de la parole sur les violences sexuelles porte un danger de censure. 

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Comme un symbole des difficultés françaises à lever le voile. La scène a lieu le 19 janvier 2018 à la Cinémathèque française. Rapportée par Libération, elle se déroule dans le cadre d’une rétrospective sur le cinéma lituanien, alors que le réalisateur Sharunas Bartas est invité à dialoguer avec le public. « Une spectatrice commence par les remercier, lui et ses pairs, pour leurs réflexions sur la censure en Russie. À propos de paroles étouffées, elle demande à Bartas s’il a l’intention de répondre aux accusations d’agression sexuelle de deux jeunes femmes – l’une des deux, Paule Bocculaite, a été indemnisée d’une somme dérisoire après qu’il l’a bombardée d’une télé et poursuivie, en voiture, dans la forêt, a-t-elle relaté en Lituanie. Le micro est alors immédiatement repris. “On est ici pour parler de cinéma. Y a-t-il quelqu’un qui a une vraie question sur le cinéma à poser ?” »

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