Sans-papiers de la Bastille: «On est toujours là de plus en plus nombreux»

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Si les marches de l'Opéra-Bastille ont été évacuées, les travailleurs sans papiers étaient toujours sur le parvis, vendredi 4 juin.

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A 9 heures, place de l'Opéra-Bastille, jeudi 3 juin, deux heures après l'expulsion manu militari par les forces de l'ordre, les mines sont fatiguées et les traits tirés. La faute aux huit jours passés sur les marches, à la fatigue, à la faim, et au gaz lacrymogène qu'ils ont reçu tôt, entre 7 heures et 7 heures et demie, alors qu'ils étaient en train de prendre leur petit-déjeuner. Une intervention à laquelle ils ne s'attendaient pas, comme l'explique Mohamed N'Diaye, un jeune travailleur sans papiers d'origine mauritanienne: «Ce n'était vraiment pas prévu, les négociations avançaient bien, les services de Besson avaient téléphoné à Francine Blanche, une responsable de la CGT pour fixer un rendez-vous la semaine prochaine. Et là ils nous envoient les forces de l'ordre pour nous expulser!»