Chronique de la rentrée politique: contre les oligarques, l'exigence démocratique

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« Le gouvernement décide des fonctions des hauts fonctionnaires et ne rend pas de comptes sur ces questions », déclare François Fillon à propos du limogeage d'un haut fonctionnaire policier en Corse. « J'en ai rien à foutre, c'est un problème entre l'Etat et l'Etat, qu'il se démerde tout seul », déclare Bernard Tapie en réponse aux légitimes curiosités des parlementaires. Ces deux attitudes donnent à réfléchir sur la rentrée politique d'un pays, la France, qui s'enorgueillit d'une révolution démocratique dont l'inachèvement est aujourd'hui patent.

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De la Corse à l'Afghanistan, de la police à l'armée, de la recherche aux prisons, voire du sort des riches à celui des pauvres – et la liste n'est pas exhaustive –, la chronique politique de cette rentrée donne une actualité féroce à un essai trop peu salué lors de sa parution, il y a trois ans. La Haine de la démocratie, du philosophe Jacques Rancière, est paru en septembre 2005, à l'enseigne de La Fabrique, maison d'édition qui fête aujourd'hui ses dix ans. Pour cet anniversaire, Eric Hazan, leur fondateur qui associe radicalité politique, poétique parisienne et passé médical, a choisi le patronage d'un défunt confrère, Jean-Paul Marat. Oui, Marat (1743-1793), cet autre journaliste emblématique de la Révolution française avec Camille Desmoulins, les deux plumes, dans leur vive opposition politique comme dans leur commun sort funeste, portant haut l'étendard des possibles de l'événement révolutionnaire.