Une nouvelle affaire de harcèlement au Front national

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Une ancienne collaboratrice du groupe FN au Conseil régional d’Île-de-France accuse Axel Loustau, proche de Marine Le Pen, de menaces et de pressions répétées entre 2015 et 2016. Il s’agit d’une nouvelle affaire de harcèlement, après celle de la conseillère régionale Aurélie Cournet, à laquelle la direction du Front national refuse de réagir.

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Messages de menace, pressions, une cartouche de 9 mm déposée dans son sac à main : Le Monde raconte l’histoire d’une ancienne collaboratrice du groupe Front national au Conseil régional d’Île-de-France, harcelée pendant près de deux ans dans le silence de la direction de son parti. Entre 2015 et 2016, elle dit avoir subi des menaces répétées de la part d’Axel Loustau, conseiller régional et fidèle de Marine Le Pen.

Après avoir été proche du trésorier du micro-parti Jeanne, elle s’en éloigne, ce que lui vit comme une trahison. « Sur tes parents, c’est pas des menaces, c’est une promesse », lui écrit-il par exemple dans un SMS que Le Monde dévoile. « Tu crois que tu vas t’en sortir comme ça ? J’ai leur adresse », lui dit-il encore. La collaboratrice s’était ouverte de ces faits de harcèlement auprès de la femme d’Axel Loustau : « Tu veux faire du mal à ma famille ? Je vais te prouver qu’à ce jeu-là, je suis redoutable », lui a encore écrit le conseiller régional.

Alertée par la jeune femme, la direction du FN n’a pas réagi. « C’est une affaire qui relève de la vie privée de ces personnes », a répondu Marine Le Pen au Monde. La collaboratrice a finalement démissionné en juillet 2016.

Il s’agit là d’une nouvelle affaire de harcèlement au Front national, après celle, que Mediapart avait racontée, de la conseillère régionale Aurélie Cournet. Après avoir été la cible de nombreuses pressions et menaces, elle avait été agressée par son ancien compagnon, Pierre-Charles Cherrier, également conseiller régional et gynécologue de la famille Le Pen. Là encore, elle avait saisi la direction du FN, dans l’espoir que des mesures soient prises pour assurer sa sécurité. Elle s’était heurtée au refus de son parti d’engager toute action à l’encontre de l'élu régional.

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