Valls à Matignon : l’année de la pensée magique

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L’action du gouvernement se donne à lire, non plus comme la rencontre raisonnée d’une délibération collective, mais comme une forme de pensée magique, tout entière vouée à convoquer par incantations l’unité de la gauche, l’inversion de la courbe du chômage, le retour de la croissance « aimée »… La vie politique de ce quinquennat se dévoile comme une gestion stratégique des attentes non satisfaites.

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Bien avant que le visage du prochain président ne s’inscrive sur les écrans TV en 2017, et rien ne dit que ce ne sera pas celui de François Hollande – l’histoire décidant de jouer les prolongations après le match « nul » du quinquennat –, la gauche aura cessé d’exister. Car ce n’est pas seulement la Ve République qui agonise sous la présidence de François Hollande, c’est la politique elle-même, et singulièrement l’idée que l’on pouvait se faire d’une politique de gauche. J’ai évoqué ici-même, dans une série d’articles, les « derniers jours de la Ve République », il semble que nous soyons désormais entrés dans son histoire posthume. « Nous sommes des fantômes », a déploré le député de Gironde Gilles Savary après les élections départementales des 22 et 29 mars en France. C’est en effet tout le spectre politique qui est entré en décomposition.