Après Blanc et Blaquart, les mensonges de Duchaussoy

Fernand Duchaussoy s'enfonce tout seul. Lors de sa conférence de presse du 29 avril, il déclarait n'être au courant de rien. Il nous apprend à présent, au détour d'un communiqué, qu'il avait été informé, dès la veille, du contenu de cette réunion par son plus proche conseiller. Un mensonge qui ne peut que faire douter de sa sincérité.
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Quel crédit peut-on encore donner à Fernand Duchaussoy, le président de la fédération française de football? Dans l'affaire des quotas discriminatoires, ses dernières déclarations montrent qu'il a menti lors de la conférence de presse du vendredi 29 avril. Ce jour-là, au lendemain des premières révélations de Mediapart, le président fait comme s'il ne savait rien de la réunion du 8 novembre 2010, lors de laquelle le directeur technique national, François Blaquart, et le sélectionneur Laurent Blanc ont approuvé le principe de quotas visant à limiter le nombre d'enfants de 12 ans d'origine étrangère dans les centres de formation de la fédération.

La version est plausible. Seulement voilà, mercredi 4 mai, Mediapart et Leparisien.fr révèlent que Mohamed Belkacemi, un fonctionnaire employé par la Direction technique nationale (DTN), après avoir enregistré la réunion du 8 novembre, a transmis le lendemain les enregistrements à André Prévosto, alors directeur général adjoint de la Fédération française de football (FFF) et homme de confiance du président Fernand Duchaussoy, pour l'alerter de ce projet.

Quand il “prend connaissance” de cette information, le président de la FFF envoie un communiqué à l'AFP dans lequel il explique: «Jusqu'à jeudi dernier dans la soirée, je n'ai à aucun moment été informé par Monsieur Belkacemi, Monsieur Prévosto ou par quiconque des échanges tenus au cours de la réunion du 8 novembre 2010, pas plus que de l'existence d'un enregistrement. » Contacté par Mediapart, l'avocat de Fernand Duchaussoy, Diego de Lammerville, confirme que son client a bien eu un échange avec André Prevosto sur ces sujets le jeudi soir.

Par ce communiqué, Fernand Duchaussoy entend donc se défendre d'avoir eu connaissance de cette réunion dès le mois de novembre. Il assure que son plus proche conseiller ne l'a pas alerté à l'époque. Seulement, s'il a bien été informé jeudi, comme il l'affirme lui-même, comment a-t-il pu raconter le lendemain, devant toute la presse, ne rien savoir de cette réunion?

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