Procès des suicides à France Télécom: les dirigeants face à leur responsabilité sociale

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À partir du 6 mai, l'ancien PDG de France Télécom Didier Lombard et six autres anciens responsables sont jugés pour harcèlement moral. C’est la première fois que des dirigeants d’un groupe du CAC 40 ont à répondre de leur gestion devant la justice.

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C’est un procès hors norme qui va s’ouvrir à partir du 6 mai au TGI de Paris : jamais d’anciens responsables d’un groupe du CAC 40 n’avaient jusqu’à présent eu à répondre de leur gestion sociale devant la justice. Pendant plusieurs semaines, Didier Lombard, ancien PDG de France Télécom (renommée Orange en 2013), Louis-Pierre Wenès, directeur général du groupe, Olivier Barberot, ancien directeur des relations humaines (DRH), ainsi que quatre autres responsables du groupe vont avoir à répondre de leur politique, de leurs choix, de leurs actes de 2006 à 2010 face à des salariés, soutenus par le syndicat Sud PTT. 39 salariés ou anciens salariés du groupe se sont portés partie civile pour harcèlement moral. Ou parfois leur famille : 19 salariés se sont suicidés pendant cette période. « Une épidémie », avait alors ironisé Didier Lombard, avant de se rétracter devant le tollé provoqué par cette sortie. Il sera démissionné par la suite, et remplacé à la présidence du groupe par Stéphane Richard en mars 2010.