La République poubelle

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Sexe, drogue, pouvoir, argent, entourage, espionnage, présidence, maladie? Il serait temps que le président élimine une fois pour toutes ces interrogations plutôt que de les faire prospérer en affaires d'État. Sauf à ce que nous tombions tous au fond de la poubelle. Parti pris.
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Sarkozy baise-t-il à tout-va? Sarkozy fonctionne-t-il à la coke? Sarkozy est-il malade? Sarkozy nous fait-il espionner? Sarkozy gouverne-t-il seulement? Il serait temps que le président élimine une fois pour toutes ces interrogations plutôt que de les faire prospérer en affaires d'Etat. Sauf à ce que nous tombions tous au fond de la poubelle.

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Il faut écrire vulgaire tant la scène élyséenne donne depuis une semaine un spectacle d'une grossièreté inédite. Grossièreté décuplée par les violences d'un monde politique gagné par l'incendie de la rumeur. Grossièreté amplifiée par une presse certes pas exempte de critiques mais qui tente, effarée, de sauver quelques lambeaux d'information et d'éthique déontologique face au cauchemar et au tabou du journaliste: la rumeur et la vie privée.

Or l'Elysée a réussi en quelques jours à confectionner un cocktail terrifiant où le pire est entré en fusion: pouvoirs, haines, jalousie, sexe, drogue, argent, gouvernance, espionnage. La machine folle tourne de plus belle chez nos «élites». Ce qui n'était, depuis deux ans, que bruits et confidences répandus par quelques acteurs intéressés, a fait boule de neige pour occuper les principaux postes de commande de l'Etat: groupes politiques, gouvernement, présidence mais aussi la justice (le parquet de Paris diligente une enquête préliminaire), et les services de sécurité et de contre-espionnage (la DCRI a mené une enquête, comme l'a révélé Mediapart).

La particularité de cette affaire sans précédent est qu'elle n'a cessé d'être alimentée ou relancée par ce qui fut et demeure le premier cercle présidentiel: pas ses alliés politiques, mais ses conseillers ou ses affidés, ceux qui lui doivent tout ou ceux que le président a fabriqués.

Il y a bien sûr la «rumeur», celle des infidélités supposées du couple présidentiel. Mais justement, parce que le premier cercle est à la manœuvre, il est devenu comme acquis par le tout-Paris – expression aisée pour désigner cette bulle qui se gonfle de confidences, ragots et vraies-fausses informations – que cette «rumeur» englobe désormais toutes les autres. Toutes celles, récurrentes et tout aussi invérifiées, qui concernent le président, son état de santé, ses humeurs, ses addictions, sa psychologie, son exercice du pouvoir.

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