Henri Guaino : l'Europe, la France... et moi

Dans un entretien filmé, Henri Guaino, le conseiller spécial de l'Elysée, revient pour Mediapart sur les premiers jours de la présidence française de l'Union européenne.

Cet opposant au traité de Maastricht, longtemps pourfendeur acharné d'une Europe "ennemie des nations et des peuples", tente de justifier les projets de l'Elysée. Il défend aussi le lancement de l'Union méditerranéenne, le 13 juillet à Paris: c'est son projet, même s'il a été revu à la baisse, taillé en pièces par les Allemands et la commission européenne. Et puis Henri Guaino parle de lui, de la France et de cette insolite alliance avec Nicolas Sarkozy. Pour combien de temps?

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Qui se souvient de la conviction affichée par Nicolas Sarkozy ? «Je suis de ceux qui pensent qu’il n’y a pas de France forte sans l’Europe et qu’il n’y a pas d’Europe puissante sans la France.» C'était le 27 août 2007 à l'occasion de la conférence des ambassadeurs, et c'est peu dire que la situation sur le vieux continent s'est détériorée. Notamment au plan économique.

 

Avec les refus récents des Irlandais et des Polonais de ratifier le traité de Lisbonne, la tâche du Président en exercice de l'Union, s'est singulièrement compliquée. «On ne peut pas rester les bras ballants», répète Nicolas Sarkozy. La difficulté à traiter les problèmes pratiques autour de l'énergie, de la pêche ou de l'immigration illustre les blocages qui existent au plan institutionnel.

 

La France saura-t-elle relancer la machine européenne? Pas sûr. D'autant que les désaccords avec certains de ses partenaires, dont l'Allemagne, ou les grandes institutions de la vieille Europe (la Commission, la banque centrale), ajoutés à certaines décisions (le tropisme atlantiste du président) ou une attitude jugée par trop arrogante et égoïste, ont jeté le doute sur la capacité de la France à faire prévaloir l'intérêt général.

 

Les dirigeants français s'acharnent pourtant à maintenir le cap des ambitions françaises telles que définies depuis quelques mois. Notamment cette idée de la protection: si les citoyens européens ne votent pas pour la construction politique en œuvre, c'est précisément parce que rien n'est fait pour les protéger, estime-t-on à l'Elysée. A Cannes depuis lundi 7 juillet, la France propose un nouveau pacte aux autres pays du vieux continent sur les aspects répressifs et de coopération de la politique migratoire. Un accord est intervenu, notamment avec l'Espagne.

 

 

Henri Guaino reprend ici avec conviction l'antienne de la protection. En y ajoutant sa vision volontariste et enténébrée d'une France menacée par tous les spectres, les dumpings de tous poils ou l'immigration irrégulière...

 

 

 

«L'Europe ne peut pas continuer à fonctionner comme elle a fonctionné jusqu'à présent.»

 

« Si les citoyens n'ont pas le sentiment que l'Europe répond à leurs attentes, se préoccupe de leurs difficultés, les protège, essaye de répondre à leurs préoccupations, il ne peut y avoir qu'une forme de rejet.»

 

«Il faut que l'Europe accepte de regarder en face les dumpings, écologique, énergétique, industriel, social...»

 

«La question de l'immigration est une question importante dans la crise identitaire en Europe, d'une certaine façon dans sa crise sociale.»

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