Les femmes sur le devant de la scène terroriste

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Trois femmes, âgées de 19 à 39 ans, ont été interpellées jeudi soir dans l’Essonne, dans le cadre de l’enquête sur une voiture retrouvée dans Paris et contenant des bonbonnes de gaz. L'implication au premier rang de femmes dans des projets d'attentat a été longtemps sous-estimée.

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Jusqu’ici, les tentatives d’attentat imputées à des femmes séduites par la doctrine djihadiste s’étaient arrêtées à des préparatifs loin d’être achevés, des rodomontades d’adolescentes. Le réseau démantelé cette semaine était d’une tout autre envergure, à en croire le ministère de l’intérieur. « C’est vraiment une affaire de filles, cette fois, les hommes restent en périphérie », résumait ce matin une source proche du dossier.

Trois femmes ont été interpellées jeudi soir 8 septembre 2016 aux abords d'une gare de Boussy-Saint-Antoine, dans l'Essonne, lors d'une opération liée à la découverte d'une voiture suspecte, dans laquelle six bonbonnes de gaz ont été retrouvées, non loin de Notre-Dame de Paris le week-end d'avant. Âgées de 39, 23 et 19 ans, elles sont « radicalisées, fanatisées, et préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes », a déclaré le ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve. La plus jeune des trois femmes, Inès, 19 ans, armée d'un couteau, a blessé un policier à l'épaule. Selon les enquêteurs, elle est la plus jeune fille du propriétaire de la voiture remplie de bonbonnes de gaz. Fichée S, elle était activement recherchée.

À ce stade de l'enquête, ouverte dimanche par la section antiterroriste du parquet de Paris, l'épisode de la voiture retrouvée près de la cathédrale Notre-Dame reste une énigme. Le véhicule, une Peugeot 607, a été trouvé stationné sans plaque d’immatriculation, feux de détresse allumés, rue du Petit-Pont, dans le Ve arrondissement. Aucun dispositif de mise à feu n'a été découvert près des bonbonnes de gaz. « L'enquête est compliquée. On remonte sur quelqu'un susceptible d'avoir laissé un véhicule piégé mais sans savoir son mobile. Il n'y a pas de détonateur, la voiture est en double file la nuit avec ses feux de détresse. Il va falloir comprendre ce qui se tramait… » nous confiait mercredi une source proche du dossier.