Alain Minc cumule conflit d'intérêts et mauvaise foi

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Dans deux entretiens, Alain Minc et Stéphane Courbit ont démenti les informations de Mediapart sur la graveirrégularité qui marque la procédure de privatisation de la régie publicitairede France Télévisions. En chœur, ils ont contesté qu'Alain Minc soiten situation de grave conflit d'intérêts. Nous sommes pourtant en mesure derévéler que ces dénégations ne sont pas sincères.
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Dans deux entretiens différents, l'un au site Internet du Point, l'autre au Figaro, Alain Minc et Stéphane Courbit ont démenti, vendredi 5 février, dans des termes presque identiques, les informations de Mediapart sur la grave irrégularité qui marque la procédure de privatisation de la régie publicitaire de France Télévisions. En chœur, ils ont en effet contesté qu'Alain Minc soit en situation de grave conflit d'intérêts. Nous sommes pourtant en mesure de révéler que ces dénégations ne sont pas sincères et qu'Alain Minc, comme nous l'avions révélé, est bel et bien intéressé à la fortune de son client.

«Le Tout-Paris des médias et des affaires ne parle que de ça: Alain Minc et son rôle supposé dans la vente de la régie publicitaire de France Télévisions. Le site Mediapart a révélé que l'homme d'affaires possédait 3% de Financière Lov, la société de Stéphane Courbit, le candidat retenu par Patrick de Carolis dans la phase des négociations exclusives. Alain Minc étant par ailleurs un conseiller de Nicolas Sarkozy, voire l'inspirateur de la suppression de la pub sur France Télévisions, la suspicion d'affairisme fut aussitôt relancée.»

Ainsi commence l'article du Point.fr, mis en ligne vendredi 5 février. Interrogé par le journaliste Emmanuel Berretta, Alain Minc conteste toutefois ces accusations. «Je possède, en effet, 3% du capital de Financière Lov, dit-il, mais ce n'est pas cette société qui porte l'offre de Stéphane Courbit. À mon initiative, Stéphane Courbit a formulé son offre via la société Lov group, qui lui appartient à 100%. Je n'ai donc aucun intérêt patrimonial dans l'avenir de la régie publicitaire de France Télévisions. Du reste, de manière générale, tant que Nicolas Sarkozy sera au pouvoir, je ne prends aucun intérêt patrimonial dans des opérations liées à l'État français et je refuse d'avoir comme client des entreprises publiques.»

Ce même vendredi, dans un entretien à deux voix au Figaro avec Maurice Lévy, le patron du groupe Publicis qui est associé à son offre sur France Télévisions Publicité, Stéphane Courbit enfonce le même clou: «Pour couper court à toute rumeur, je précise qu'Alain Minc est bien conseil de l'une de mes structures, Financière Lov, et à ce titre reçoit un intéressement. Mais, dans le cas d'espèce, et pour éviter tout débat, nous avions dès le départ veillé à ce que la société Lov Group Investment (LGI), dont je suis le seul actionnaire, soit celle qui participe à l'opération. Alain Minc n'est donc ni de près ni de loin lié à cette opération.»

Que faut-il penser de l'argument? Pour en juger, un rapide rappel des faits que la longue enquête de Mediapart a progressivement mis au jour est nécessaire, ainsi que de la partie de cache-cache à laquelle elle a donné lieu avec Alain Minc et Stéphane Courbit.

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On retrouvera dans les “boîtes noires” des nombreux articles qui composent notre enquête (voir notre onglet Prolonger) l'intégralité des questions que nous avons posées à Alain Minc et à Stéphane Courbit, au gré des avancées de nos investigations. Y figurent aussi dans leur version intégrale les réponses que nous avons reçues, en certains cas. Pour l'article présent, nous avons signalé au préalable à Alain Minc que nous comptions publier de nouvelles informations et que nous souhaitions nous en entretenir avec lui. Il n'a pas donné suite à notre demande.