Comment les premières victimes du Mediator ont été escamotées

Selon un rapport du Centre de pharmacovigilance de Besançon, quatre patients atteints d'hypertension pulmonaire après avoir pris du Mediator étaient recensés dès 1994.

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Elle est née le 21 septembre 1947. Son nom et son lieu de résidence sont protégés par le secret médical. Entre 1970 et 1987, elle a consommé des coupe-faims amphétaminiques (Dinintel, Fringanor, Tenuate Dospan), des gélules amaigrissantes ainsi que du Mediator. En juillet 1988, elle a souffert d'une dyspnée qui a conduit à un diagnostic d'hypertension artérielle pulmonaire. D'après la référence de son dossier, PP8990081, cette patiente a été enregistrée au Centre de pharmacovigilance de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. En février 1989, âgée de 41 ans, elle a été hospitalisée pour un examen préalable à une greffe des poumons. La suite de son histoire médicale est incertaine. Un document de l'Agence du médicament daté du 9 mai 1995 la signale décédée. Mais une fiche établie par les laboratoires Servier parle d'hospitalisation prolongée... Cette fiche, rédigée en anglais sur le modèle international conçu par l'OMS, précise que la patiente a reçu du Mediator à la dose quotidienne de 150 mg et que l'indication thérapeutique était l'obésité. Dans la case «Suspect drug», on lit: « Mediator (benfluorex) ». Au moins une fois, les laboratoires Servier auront admis qu'une pathologie grave pouvait être liée au Mediator!

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