Dans le quartier parisien d’Aligre (2/3): sous l’œil des commerçants, une population en mutation

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Pour ce deuxième volet sur le quartier d’Aligre avant les municipales, rendez-vous sur le marché qui rythme la vie de ce lieu parisien depuis plus de deux cents ans. Alentour, les petites boutiques pâtissent de l’installation de grandes enseignes.

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Du haut de son huitième étage, Jeanne a l’une des plus belles vue du quartier sur Paris. La pharmacienne biologiste à la retraite vit à Aligre depuis 1980, dans l’un des beaux appartements de l’immeuble construit en 1972 sur la place. Par sa grande fenêtre, depuis la rive droite de la Seine, elle voit la tour Eiffel et Notre-Dame, qu’elle a vue brûler en direct. Elle se rappelle des fumées, des flammes et d’en avoir pleuré. Puis elle pointe du doigt les halles couvertes, juste sur la place, et s’inquiète de ce qu’elles pourraient devenir. « La tournure que prend le commerce dans le quartier est inquiétante. Ça devient de plus en plus homogène. Ça ne m’étonnerait pas que, dans quelques années, le marché couvert disparaisse et devienne un grand magasin de vêtements chers ou un lieu d’exposition », dit-elle.