Au programme (2). Cannabis, un débat plus ouvert

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Pour la première fois sans doute, trois candidats à la présidentielle sont favorables à la légalisation (Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Philippe Poutou) et quatre candidats sont pour la dépénalisation (Nathalie Arthaud, Jacques Cheminade, Jean Lassalle et Emmanuel Macron).

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C’est le paradoxe d’une époque. Alors qu’on parle à tort et à travers de la droitisation de la société française, jamais une campagne n’a compté autant de candidats ouverts à une évolution positive des lois sur la consommation de cannabis. Le phénomène n’est pas que français. Aux États-Unis, « huit États sur 50 (Colorado, État de Washington, Oregon, Alaska, Californie, Maine, Massachusetts, Nevada) ont depuis 2012 légalisé la culture, la vente, la détention et la consommation de cannabis à des fins récréatives à partir de 21 ans », explique l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies dans une étude publiée en mars. « Au total aujourd’hui, moins d’un État américain sur quatre applique la politique de prohibition du cannabis telle qu’elle est formulée par la loi fédérale américaine », souligne l’OFDT. En Europe, les choses bougent beaucoup plus lentement, selon une autre étude (en anglais). Selon les chiffres 2015 de l’OFDT, 17 millions de Français (entre 11 et 75 ans) ont déjà consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4,6 millions en ont consommé dans l’année, 1,4 million au moins 10 fois au cours du mois, et 700 000 en consomment au moins une fois par jour.